L’erreur du Cyberpunk a été de croire que nous troquerions notre humanité et notre identité contre des capacités intellectuelles et physiques décuplées par le recours à l’informatique, alors que nous les troquons contre des capacités moindres et des fausses vidéos de chat.

Nous abdiquons notre créativité, comme si nous souhaitions absolument laisser à d’autres la propriété de nos moyens de production en ce domaine aussi. La propriété de nos cerveaux, de nos imaginations, de nos vies intérieures.

Nous abdiquons notre curiosité, trop prenante, trop lente à assouvir. Un résumé algorithmique aux sources douteuses nous suffira bien.

Nous abdiquons notre volonté de nous attacher au vrai, celle-ci complètement obsolète. Nous l’avons vendu pour un bon prix : une poignée de comptes sur les réseaux sociaux.