<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" ><generator uri="https://jekyllrb.com/" version="4.3.4">Jekyll</generator><link href="https://tcheni.fr/feed.xml" rel="self" type="application/atom+xml" /><link href="https://tcheni.fr/" rel="alternate" type="text/html" /><updated>2026-04-23T17:02:50+02:00</updated><id>https://tcheni.fr/feed.xml</id><title type="html">tcheni</title><subtitle>Traversée de la toile en solitaire.</subtitle><entry><title type="html">Avec l’âge on en apprend, des choses</title><link href="https://tcheni.fr/journal%20d'un%20%C3%A9crivant/2026/04/23/avec-lage.html" rel="alternate" type="text/html" title="Avec l’âge on en apprend, des choses" /><published>2026-04-23T13:34:30+02:00</published><updated>2026-04-23T13:34:30+02:00</updated><id>https://tcheni.fr/journal%20d&apos;un%20%C3%A9crivant/2026/04/23/avec-lage</id><content type="html" xml:base="https://tcheni.fr/journal%20d&apos;un%20%C3%A9crivant/2026/04/23/avec-lage.html"><![CDATA[<p>Plus on vieillit, plus on va vers l’évidence. Ou alors seulement moi ?</p>

<p>J’ai l’impression que l’âge, disons même l’expérience parce que je ne voudrais pas donner un tour trop négatif à tout ça, j’ai l’impression que l’expérience, donc, plutôt que de me  permettre d’atteindre des stades supérieurs de pratique ou de conscience, me permet simplement de mieux me rendre compte de la juste valeur de ce que tout le monde voit et connaît déjà. Ainsi, j’ai bien l’impression que le meilleur conseil d’écriture que je pourrais donner à quelqu’un, maintenant que je ne peux plus vraiment faire semblant de ne pas passer ma vie à ça (ce que longtemps je fis, par humilité je crois ; si si), maintenant que, de cette enfin longue pratique, trop longue pour être niée, j’ai tiré au moins un peu d’expérience, ce serait le suivant : pensez à ce que vous voulez dire. Pas “pensez plus”, qui voudrait dire qu’existe des pensées profondes qu’il s’agirait de déterrer, non. Pensez, juste pensez. Mais chaque mot. Parce que chaque mot dit quelque chose (je ovus avais prévenu, tout le monde le sait).</p>

<p>Vos mots sont précieux, non parce qu’ils sont beaux, ou vieux, ou rares, mais par la place qu’ils occupent dans vos idées. Ne les enfilez pas comme des perles qui se suivent naturellement les unes les autres, car c’est là qu’on écrit mal. C’est là qu’on ne pense plus. C’est là qu’on s’endort en volant. N’adoptez pas de tournure. Fuyez les refuges. Si ce mot est là c’est qu’il y a une raison et cette raison ne devrait jamais se limiter à celui qui le précède. Chacun s’ouvre sur l’infini des possibles. Profitez-en.
Pensez à ce que vous voulez dire. Puis écrivez-le.</p>]]></content><author><name></name></author><category term="Journal d&apos;un écrivant" /><summary type="html"><![CDATA[Plus on vieillit, plus on va vers l’évidence. Ou alors seulement moi ?]]></summary></entry><entry><title type="html">La bonne intention</title><link href="https://tcheni.fr/journal%20d'un%20%C3%A9crivant/2026/04/09/bonne-intention.html" rel="alternate" type="text/html" title="La bonne intention" /><published>2026-04-09T13:34:30+02:00</published><updated>2026-04-09T13:34:30+02:00</updated><id>https://tcheni.fr/journal%20d&apos;un%20%C3%A9crivant/2026/04/09/bonne-intention</id><content type="html" xml:base="https://tcheni.fr/journal%20d&apos;un%20%C3%A9crivant/2026/04/09/bonne-intention.html"><![CDATA[<p>J’ai passé le plus clair de ma vie, je peux le dire à présent, à trouver dans les mots que je lis et entends, à mettre dans les mots que j’écris le plus d’intention possible. Il m’a toujours semblé que c’était là la clé. Ne pas débiter des mots comme un automate afin de ne pas vivre comme le serveur de Sartre.
Il est ainsi tout à fait troublant que la technologie actuelle, et ceux qui l’embrassent sans réserve, consiste en l’exact contraire : délayer une idée vague en une suite de mots plats sans la moindre intention derrière. La platitude érigée au rang de l’expression.</p>]]></content><author><name></name></author><category term="Journal d&apos;un écrivant" /><summary type="html"><![CDATA[J’ai passé le plus clair de ma vie, je peux le dire à présent, à trouver dans les mots que je lis et entends, à mettre dans les mots que j’écris le plus d’intention possible. Il m’a toujours semblé que c’était là la clé. Ne pas débiter des mots comme un automate afin de ne pas vivre comme le serveur de Sartre. Il est ainsi tout à fait troublant que la technologie actuelle, et ceux qui l’embrassent sans réserve, consiste en l’exact contraire : délayer une idée vague en une suite de mots plats sans la moindre intention derrière. La platitude érigée au rang de l’expression.]]></summary></entry><entry><title type="html">Le corps des hommes</title><link href="https://tcheni.fr/journal%20d'un%20%C3%A9crivant/2026/04/06/le-corps-des-hommes.html" rel="alternate" type="text/html" title="Le corps des hommes" /><published>2026-04-06T13:34:30+02:00</published><updated>2026-04-06T13:34:30+02:00</updated><id>https://tcheni.fr/journal%20d&apos;un%20%C3%A9crivant/2026/04/06/le-corps-des-hommes</id><content type="html" xml:base="https://tcheni.fr/journal%20d&apos;un%20%C3%A9crivant/2026/04/06/le-corps-des-hommes.html"><![CDATA[<p>Le corps des hommes est pour moi un sujet épineux. Pas qu’il me gêne, évidemment, la preuve, j’en ai un dans lequel je me sens à peu près bien. Il me cause bien quelques soucis périodiques mais, dans l’ensemble, je n’ai pas à m’en plaindre et, passée une phase adolescente durant laquelle il me complexait, car je le trouvais trop frêle, il ne m’a jamais trop fait honte. Seulement, je ne sais pas bien par où le prendre, d’un point de vue érotique. Je comprends certaines choses à son sujet, mais pas tout. Son esthétique générale me parle, mais pas vraiment le désir qu’il suscite. Je peux donc le trouver beau, bien sûr, mais j’ai du mal à le trouver sexy. Autrement dit : je suis très hétérosexuel, comme garçon.</p>

<p>De ce point de vue, mais n’allez pas prendre mes maigres intuitions limitées à mon cas particulier, dans ce segment particulier de la population, pour des vérités générales, le corps de l’homme me paraît moins universel que celui de la femme. Entendez par là : j’ai l’impression que le désir des hommes hétérosexuels se déclenche à la vue d’une très grande variété de corps féminins<sup id="fnref:1" role="doc-noteref"><a href="#fn:1" class="footnote" rel="footnote">1</a></sup>, celui des femmes hétérosexuelles me semble bien plus sélectif. À chacune son chacun et, en la matière, c’est la variété qui règne. J’ai le sentiment qu’il n’existe pas ici de réponse universelle. Du point de vue de la théorie de l’Évolution, tout colle, nous noterons : le mâle cherche à se répandre à tout prix et peu importe le flacon, la femelle choisit attentivement celui qui lui donnera l’ivresse.</p>

<p>J’en viens au mien. Il est très loin de déclencher le désir de toutes. Il est même plutôt particulier, j’ai l’impression. Il est très fin, déjà. Sur l’échelle Caville-Chalamet, il penche très nettement à droite<sup id="fnref:2" role="doc-noteref"><a href="#fn:2" class="footnote" rel="footnote">2</a></sup>. Il a des jambes, par exemple, que bien des femmes lui envieraient. Longilignes, dessinées. Je crois que, grâce à elles, je ferais une très belle drag-queen. Le reste conviendrait moins, cela dit. Des hanches étroites. Bien peu de ventre, ça c’est un plus, mais pas tout à fait “pas de ventre” non plus, surtout hors de la station debout. Des épaules ni larges ni tombantes, assez carrées mais tout de même plutôt en dedans, ce qui ne met pas mon torse en valeur alors qu’il en aurait sûrement besoin. Je ne suis presque que lignes, avec bien peu de courbes. C’est parfois un avantage, mais parfois non. Dans l’ensemble, mon corps n’est pas vraiment un modèle de virilité. J’ai cependant atteint cet âge miraculeux où je peux enfin dire que je suis bien conservé. Mon corps n’a que très peu évolué, en bien comme en mal. Il fait aujourd’hui un peu plus jeune qu’il n’est.</p>

<p>J’ai la peau douce, très fine elle aussi, tellement qu’elle en est trop fragile. Des grains de beauté partout, des accidents, d’éternelles irritations, une pilosité trés réduite et plutôt anarchique. Si j’ai un peu de ventre, d’ailleurs, plutôt que pas du tout, c’est à cause de ça. En regardant bien, au-dessus de mon nombril, on découvre une assez large cicatrice. C’est la trace d’un mélanome qu’on m’a retiré en 2012. Ma peau ne doit pas être exposée directement au soleil ; ça me tuerait littéralement et ça l’a presque déjà fait. Cette cicatrice a déséquilibré ma ceinture abdominale, qui sans cela serait mieux tenue, dirais-je. Plus nette qu’elle n’est, même si elle a de beaux restes. Autre détail que cette fragilité épidermique impose : je suis bien conservé, certes, en gros, mais pas de partout. Regardez mes coudes et vous verrez que j’approche la cinquantaine. C’est suffisamment localisé pour que je puisse en rire, mais je sais bien que le reste ne devrait pas trop tarder. Mon cou plisse et pour le peu que j’en aie, ma chair s’affaisse plus qu’autrefois. Mon dos avait bonne réputation à l’époque de mes douleurs adolescentes. J’ai bien peur qu’il ne la mérite plus.</p>

<p>Mon corps est ce genre de corps qui a vraiment besoin d’une tête pour être apprécié, je crois. À lui seul, il n’aurait eu que bien peu de succès.</p>

<h5 id="notes">Notes</h5>

<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
  <ol>
    <li id="fn:1" role="doc-endnote">
      <p>Ce qui rend d’autant plus absurde les diktats esthétiques que ce corps-là subit ; le corps de la femme est beau et désirable d’une infinité de manières, vraiment. Bien sûr, pression sociale aidant, le corps long et fin emportera le plus de suffrages : il suscitera le désir de tous. Mais cela ne veut pas dire que les autres, les très nombreux autres, ne suciteront le désir d’aucun, loin de là. Encore une fois : le mâle est fort peu sélectif. Les courbes, en particulier, les chairs rebondies font elles aussi forte impression à la plupart et j’ai bien peur de pouvoir dire, à ma grande honte d’être masculin, que pour la plupart d’entre nous la nudité suffit. <a href="#fnref:1" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:2" role="doc-endnote">
      <p>Il a tendance à pencher de toute façon. Mon corps n’est pas très droit. <a href="#fnref:2" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
  </ol>
</div>]]></content><author><name></name></author><category term="Journal d&apos;un écrivant" /><summary type="html"><![CDATA[Le corps des hommes est pour moi un sujet épineux. Pas qu’il me gêne, évidemment, la preuve, j’en ai un dans lequel je me sens à peu près bien. Il me cause bien quelques soucis périodiques mais, dans l’ensemble, je n’ai pas à m’en plaindre et, passée une phase adolescente durant laquelle il me complexait, car je le trouvais trop frêle, il ne m’a jamais trop fait honte. Seulement, je ne sais pas bien par où le prendre, d’un point de vue érotique. Je comprends certaines choses à son sujet, mais pas tout. Son esthétique générale me parle, mais pas vraiment le désir qu’il suscite. Je peux donc le trouver beau, bien sûr, mais j’ai du mal à le trouver sexy. Autrement dit : je suis très hétérosexuel, comme garçon.]]></summary></entry><entry><title type="html">Kaddish</title><link href="https://tcheni.fr/journal%20d'un%20%C3%A9crivant/2026/03/31/kaddish.html" rel="alternate" type="text/html" title="Kaddish" /><published>2026-03-31T14:34:30+02:00</published><updated>2026-03-31T14:34:30+02:00</updated><id>https://tcheni.fr/journal%20d&apos;un%20%C3%A9crivant/2026/03/31/kaddish</id><content type="html" xml:base="https://tcheni.fr/journal%20d&apos;un%20%C3%A9crivant/2026/03/31/kaddish.html"><![CDATA[<p>J’ai enterré aujourd’hui la mère d’une amie, une femme juive pas pieuse du tout comme presque toutes les femmes juives françaises de cette génération, la génération de ma mère. Celles dont les parents avaient connu la guerre et en étaient tout juste revenus. Le judaïsme était alors chose compliquée<sup id="fnref:1" role="doc-noteref"><a href="#fn:1" class="footnote" rel="footnote">1</a></sup>. Pour mon grand-père Choulem, c’était devenu un arrêt de mort et il ne tenait pas assez au judaïsme pour lui sacrifier une deuxième famille. Il en abandonna tout ce qu’il pouvait abandonner. Mais bien sûr on n’abandonne jamais vraiment tout. La langue qu’il parlait, la cuisine qu’il mangeait, les gens qu’il fréquentait, sa culture, même sa profession respiraient le judaïsme. C’était encore très clairement un juif. Ma mère est indiscutablement une femme juive, élevée par des parents juifs. Mais les aspcets rituels, liturgiques, les aspects religieux de cette religion qui a défini tout un peuple, de cette religion devenue tradition, ces aspects, eux, n’ont pas survécu. La foi en premier lieu.</p>

<p>Comme ma mère, cette femme que j’enterrais n’avait jamais eu la foi, elle ne faisait pas shabbat et à peine pessah ou kippour. Elle avait dit logiquement à sa fille : je ne veux pas d’enterrement religieux. Son judaïsme n’était pas religieux, c’était l’autre versant, celui de l’histoire et de la culture. De la tradition sans les éléments qui la trahiraient aux yeux des observateurs extérieurs, kippa, culte, rites visibles. La tradition qui mange des foies de volaille et, oui, celle qui pose une petite menorah sur le buffet, mais purement décorative et, surtout, invisible de la rue. Facile à cacher. Le problème, c’est qu’on n’enterre personne avec des latkès. C’est plein de contradiction, le judaïsme. Alors, la mère avait dit à la fille : je ne veux pas d’enterrement religieux, <em>sauf</em> si c’est Delphine Horvilleur qui officie.</p>

<p>C’était Delphine Horvilleur qui officiait.</p>

<p>Moi, j’étais censé lire le kaddish au moment de la mise en terre, pas tout seul heureusement, car je ne connais pas grand-chose à tout ça : au sein du <em>minian</em>, ce groupe de dix personnes indispensables pour tout un tas d’actes liturgiques du judaïsme traditionnel, l’assemblée minimale pour former une synagogue. Ça aurait pu me donner l’occasion d’étrenner officiellement mon hébreu tout neuf, mais non pas du tout, cette prière est dite en araméen figurez-vous, la langue de l’exil. Celle du talmud de Babylone. Langue que j’avais croisée il n’y a pas très longtemps en tombant, dans les papiers de ma mère, sur le document attestant du mariage religieux de la sienne, son premier mariage, avec un homme mort pendant la guerre, lui, le père de mon oncle Henri. Un homme qui n’a pas eu le temps d’abandonner son judaïsme visible. Ce document, l’acte de mariage religieux entre Sara et Avigdor<sup id="fnref:2" role="doc-noteref"><a href="#fn:2" class="footnote" rel="footnote">2</a></sup>, était en araméen lui aussi.</p>

<p>Il faut un quorum de dix personnes pour ce kaddish parce que la vie, les grandes occasions de la vie, les moments parmi les plus vivants de la vie qui souvent passent comme dans un rêve à trop nous être étrangers doivent, pour cette raison ou pour une autre, s’élever jusqu’à la dimension sociale. Ils ne sont pas du ressort de l’intimité pure, ceux-ci. Notre vécu doit y être validé par le vécu des autres ; sans quoi, il existerait à peine, ce ne serait, encore une fois, qu’une sorte de rêve éveillé. Il faut un minian pour lire le kaddish, il faut un minian pour prononcer un mariage. Afin que d’autres le vivent et qu’ainsi ce rêve fasse réalité, qu’il devienne indéniable puisque d’autres y auront assisté, qui pourront témoigner. Peut-être est-ce ainsi et seulement ainsi qu’on est le plus vivant : quand on partage. Quand l’intimité ne suffit plus et qu’il faut exprimer.</p>

<p>Mais la sagesse juive ne se fait pas d’illusions : dans ces moments très forts qu’il s’agira de partager, on parle  une langue que personne ne connaît.</p>

<p>Sauf Delphine Horvilleur, évidemment.</p>

<h5 id="notes">Notes</h5>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
  <ol>
    <li id="fn:1" role="doc-endnote">
      <p>Il ne s’est pas beaucoup simplifié depuis, mais quand même un peu. J’écrirai un jour tous ces virages. <a href="#fnref:1" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:2" role="doc-endnote">
      <p>Officiellement Victor, pour l’État français. C’est l’avantage d’avoir un prénom qui ne s’écrit pas avec l’alphabet latin, on l’épelle comme on veut à l’officier de l’État-civil et Avigdor en avait profité, comme de très nombreux autres, pour franciser son prénom. Victor. Je ne crois pas que c’était déjà pour cacher son judaïsme, même si les pogroms en Pologne étaient déjà une cause fréquente d’immigration en France. Je crois simplement que ça se faisait, alors. Choulem, lui, ne l’avait pas changé, notons. (Mais il ne savait ni lire ni écrire le français et l’officier d’État-civil l’avait orthographié Szulin, parce que nationalité polonaise donc ch = sz, et puis em, in, on va quand même pas tendre l’oreille et chipoter pour si peu.) <a href="#fnref:2" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
  </ol>
</div>]]></content><author><name></name></author><category term="Journal d&apos;un écrivant" /><summary type="html"><![CDATA[J’ai enterré aujourd’hui la mère d’une amie, une femme juive pas pieuse du tout comme presque toutes les femmes juives françaises de cette génération, la génération de ma mère. Celles dont les parents avaient connu la guerre et en étaient tout juste revenus. Le judaïsme était alors chose compliquée1. Pour mon grand-père Choulem, c’était devenu un arrêt de mort et il ne tenait pas assez au judaïsme pour lui sacrifier une deuxième famille. Il en abandonna tout ce qu’il pouvait abandonner. Mais bien sûr on n’abandonne jamais vraiment tout. La langue qu’il parlait, la cuisine qu’il mangeait, les gens qu’il fréquentait, sa culture, même sa profession respiraient le judaïsme. C’était encore très clairement un juif. Ma mère est indiscutablement une femme juive, élevée par des parents juifs. Mais les aspcets rituels, liturgiques, les aspects religieux de cette religion qui a défini tout un peuple, de cette religion devenue tradition, ces aspects, eux, n’ont pas survécu. La foi en premier lieu. Il ne s’est pas beaucoup simplifié depuis, mais quand même un peu. J’écrirai un jour tous ces virages. &#8617;]]></summary></entry><entry><title type="html">Journée portes ouvertes</title><link href="https://tcheni.fr/donjonneries/2026/01/12/journee-portes-ouvertes.html" rel="alternate" type="text/html" title="Journée portes ouvertes" /><published>2026-01-12T20:25:30+01:00</published><updated>2026-01-12T20:25:30+01:00</updated><id>https://tcheni.fr/donjonneries/2026/01/12/journee-portes-ouvertes</id><content type="html" xml:base="https://tcheni.fr/donjonneries/2026/01/12/journee-portes-ouvertes.html"><![CDATA[<p>Intuition, sur une inspiration de Rob Donoghue…</p>

<p>Dans le jeu tradi (entendez : celui que j’ai appris à dix ans), le rôle de MJ est à 100 % d’être l’hôte de la partie, c’est-à-dire à la fois son initiateur, son animateur et le plus investi dans son organisation et sa réussite (je masculinise à outrance, parce que ça colle bien au propos). Or, prendre du plaisir dans ce genre de situation, ce n’est pas donné à tout le monde. C’est épuisant, souvent frustrant. Plus rare encore sont ceux qui parviennent à y prendre du plaisir sans contrepartie aucune, ni la reconnaissance ni même le plaisir de constater que ça plaît. Ça demande une  disposition d’esprit tout à fait particulière et certainement pas mal de maturité émotionnelle.</p>

<p>Toutes choses dont le (oui, encore) rôliste moyen n’est pas nécessairement pourvu.</p>

<p>Jusque-là, j’enfonce des portes ouvertes et je ne sais pas vraiment si j’en rencontrerais de fermées. Mais ça me permet de voir qu’un des axes très nets de l’histoire récente du jeu de rôle va être de s’attaquer à ça, à ce problème-là, par beaucoup de moyens différents.</p>

<p>Le premier, pas nécessairement chronologiquement, quoique, les parties avec co-MJs ne sont pas exactement récentes, va chercher à répartir  le rôle de MJ entre tout le monde, ou entre plus de monde, voire à se passer de ce rôle complètement. L’objectif est de rendre le jeu plus facile, plus convivial, mieux réparti, moins intimidant, moins fatigant à préparer, à organiser. C’est la narration partagée, le jeu sans MJ ou tous MJ, les <em>Alice is Missing</em> et les <em>Pour la reine</em>.  Là encore : porte ouverte (par ailleurs, ce n’est pas nécessairement “pour s’attaquer à ça” que cet axe est apparu, il avait d’autres excellentes raisons de le faire, comme, au hasard : c’est très fun aussi).</p>

<p>Ouverte aussi, mais peut-être un peu moins : quand on est dans ce rôle d’hôte, on va plus facilement penser que le résultat, la partie, la fiction produite, la soirée passée, est entièrement sienne. Qu’on en est non seulement responsable, on en est propriétaire. De là certains comportements toxiques : les chutes de nécropole, le dirigisme excessif, l’absence de considération pour les autres et leur sécurité émotionnelle au profit de “la partie telle qu’on l’a envisagée”, l’œuvre (c’est le mot) qu’on propose et qu’il serait malvenu, impoli, criminel d’altérer. L’objectif, cette fois, c’est de rendre le jeu plus collectif, moins égocentré, moins au service d’un seul et de son plaisir. C’est l’axe <em>Apocalypse World</em>, si vous voulez. Soyez fans des personnages, pas de votre “création”.</p>

<p>Ouverte enfin, celle-là plutôt grand : le contrat social. Poser les choses dès le début, dans les deux sens, afin par exemple de s’assurer de l’investissement continu de tous et pas seulement du MJ, de répartir les fonctions annexes (organisation, accueil, prise de note, récit, cartographie, whatever), de se préoccuper des attentes de chacune et chacun. Autrement dit : clarifier la situation. Ne pas laisser entendre qu’on cherche des gens pour s’amuser de temps en temps quand, en réalité, on cherche des otages pour nous écouter parler et applaudir les fruits de notre imagination. Notez que cet exercice, parfois implicite d’ailleurs (par exemple en creux dans une annonce de MJ qui cherche des partenaires et présente sa campagne), n’est pas avant tout destiné à la calibration, mais à la sélection. Il s’agit de savoir si, oui ou non, on voudrait jouer comme ça. Pas de changer sa façon de jouer pour plaire aux autres (même si ce n’est pas interdit non plus).</p>

<p>Ce qui me frappe dans tout ça (ce qui arrive quand les portes s’ouvrent dans la gueule), un peu annoncé par ce petit chacune et chacun venu se glisser dans le paragraphe du dessus, c’est combien la féminisation de ce loisir en dépendait. Sans tout ce parcours, et bien qu’il y ait eu bien sûr des joueuses depuis le début (ma première grand tablée, où j’étais MJ, en comptait six, et deux joueurs en plus de moi), cette configuration se prête bien trop aux rapports de puissance pour être agréable quand on a déjà l’impression d’en subir trop ailleurs, quand on les fuit, quand ils ne nous intéressent pas, quand on n’est pas là pour applaudir sans rien dire ou, plus généralement, quand l’immaturité émotionnelle nous gonfle déjà bien assez comme ça.</p>

<p>Ce qui me frappe aussi, c’est qu’il reste tout à fait possible de jouer complètement tradi en intégrant tout ça. Peut-être pas le premier point — et encore, voir la notule sur les co-MJs — mais au moins les deux suivants. Certaines tables ont même toujours fonctionné comme ça sans avoir du tout besoin qu’on les oriente. Tout ce qu’il faut, c’est que la personne qui endosse le rôle du MJ soit au moins un peu consciente de cette affaire, consciente d’être l’hôte et de devoir pour cette raison en rabattre sur ses exigences, en rabattre volontairement, explicitement. De comprendre que tout le monde ne pourra pas être autant investi et très bien s’en accommoder, ou de s’investir moins soi-même. Sinon, ce sera la cata.</p>

<p>Ce qui me frappe enfin, c’est que ce loisir ait eu <em>besoin</em> de se poser ce genre de questions et de concevoir des jeux qui en intégraient les réponses. Est-ce que d’autres domaines devraient aussi en passer par là mais ne l’ont jamais fait ? Est-ce que d’autres domaines l’ont fait et que je ne m’en rends pas compte ? Est-ce qu’il n’y a que dans le jdr que ce problème se pose sous cette forme et appelle ce genre de solutions ?</p>]]></content><author><name></name></author><category term="Donjonneries" /><summary type="html"><![CDATA[Intuition, sur une inspiration de Rob Donoghue…]]></summary></entry><entry><title type="html">Vitry-sur-Vermer</title><link href="https://tcheni.fr/journal%20d'un%20%C3%A9crivant/2026/01/07/vitry-sur-vermer.html" rel="alternate" type="text/html" title="Vitry-sur-Vermer" /><published>2026-01-07T14:30:30+01:00</published><updated>2026-01-07T14:30:30+01:00</updated><id>https://tcheni.fr/journal%20d&apos;un%20%C3%A9crivant/2026/01/07/vitry-sur-vermer</id><content type="html" xml:base="https://tcheni.fr/journal%20d&apos;un%20%C3%A9crivant/2026/01/07/vitry-sur-vermer.html"><![CDATA[<p><img src="/assets/Vermer.jpg" alt="la neige change les villes en paysage flamand" /></p>]]></content><author><name></name></author><category term="Journal d&apos;un écrivant" /><summary type="html"><![CDATA[]]></summary></entry><entry><title type="html">En cette année nouvelle…</title><link href="https://tcheni.fr/messages%20de%20service/2026/01/04/en-cette-annee-nouvelle.html" rel="alternate" type="text/html" title="En cette année nouvelle…" /><published>2026-01-04T18:25:30+01:00</published><updated>2026-01-04T18:25:30+01:00</updated><id>https://tcheni.fr/messages%20de%20service/2026/01/04/en-cette-annee-nouvelle</id><content type="html" xml:base="https://tcheni.fr/messages%20de%20service/2026/01/04/en-cette-annee-nouvelle.html"><![CDATA[<p>… Que je vous souhaite excellente, santé, bonheur, joie dans les cœurs, j’ai ajouté en bas de page un lien vers <a href="https://ko-fi.com/benjaminpeylet90121">une page kofi</a>. Elle permettra à de généreux donateurs, que dis-je, à de dévoués mécènes, de me verser à l’occasion les sommes mirobolantes qui leur paraîtront justes, afin que l’activité frénétique dont je fais preuve en ces lieux soient directement convertie en espèces trébuchantes. De cette initiative ne peut sortir que du bon, selon mes calculs : j’y gagnerai, soit en thunes, soit en humilité.</p>]]></content><author><name></name></author><category term="Messages de service" /><summary type="html"><![CDATA[… Que je vous souhaite excellente, santé, bonheur, joie dans les cœurs, j’ai ajouté en bas de page un lien vers une page kofi. Elle permettra à de généreux donateurs, que dis-je, à de dévoués mécènes, de me verser à l’occasion les sommes mirobolantes qui leur paraîtront justes, afin que l’activité frénétique dont je fais preuve en ces lieux soient directement convertie en espèces trébuchantes. De cette initiative ne peut sortir que du bon, selon mes calculs : j’y gagnerai, soit en thunes, soit en humilité.]]></summary></entry><entry><title type="html">Collision linguistique</title><link href="https://tcheni.fr/basses%20trahisons/2025/12/30/collision-linguistique.html" rel="alternate" type="text/html" title="Collision linguistique" /><published>2025-12-30T22:49:30+01:00</published><updated>2025-12-30T22:49:30+01:00</updated><id>https://tcheni.fr/basses%20trahisons/2025/12/30/collision-linguistique</id><content type="html" xml:base="https://tcheni.fr/basses%20trahisons/2025/12/30/collision-linguistique.html"><![CDATA[<p>Je ne suis pas trilingue et à vrai dire pas même bi-, mais je me soigne, lentement. En à peu près trois ans, j’ai appris l’hébreu dans mon coin. Je suis loin d’avoir un niveau satisfaisant, je suis encore un peu perdu quand je croise en pleine nature un hébreu sauvage et cadencé, mais parlez-moi un peu lentement, <em>ktsat léat</em>, et je devrais piger le plus gros du truc, à l’oreille. C’est encore plus efficace si j’ai le texte, malgré cette grosse difficulté supplémentaire et, me concernant, particulièrement handicapante, de l’alphabet consonnantique. Voyez-vous, j’ai l’habitude d’apprendre en lisant. C’est comme ça que j’apprends le mieux. Or, l’hébreu, comme l’arabe, exige plus ou moins qu’on connaisse déjà la langue, qu’on sache la parler et la comprendre, avant de savoir la lire. Malgré tout, j’y parviens aujourd’hui et, avec le texte sous les yeux, j’atteins un niveau satisfaisant, un niveau qui me permet de dire, oui, je parle un peu l’hébreu, du moins je le comprends un peu. Donnez-moi un dictionnaire (surtout pour ces fichus verbes) et je déchiffrerai presque à coup sûr. J’ai même renouvelé il y a peu, avec beaucoup d’appréhension, l’expérience sous-titres, déjà tentée sans vraiment de succès du côté d’avril-mai. À présent, oui, j’y arrive. Pas sur tout, pas tout le temps, mais suffisamment pour dire : je parle un peu hébreu. Et comme je parlais déjà un peu l’anglais (plus, mais toujours pas suffisamment) il se produit depuis quelques temps dans ma tête de bien jolies collisions.</p>

<p>La dernière en date : אופן. Prononcez “ofen” mais en fait non, vous ne prononcerez pas comme il le faut pour une raison très rigolote sur laquelle permettez que je digresse. Tout se joue dans le “e”, qui est là, prononcé comme je l’ai entendu jusqu’ici (il est peut-être prononcé différemment ailleurs, c’est même très probable), un “schwa”. Un “schwa” ? vous dites-vous. Mais qu’est-ce donc ? Encore un truc d’oriental ! Pas du tout. Des schwas, le français en est plein. Vraiment plein. Le schwa, qui nous vient… eh bien de l’hébreu שווא, “shva” ou “choua”, qui signifie “vide”, c’est ce qu’on pourrait appeler en français le “e” muet. Techniquement, c’est le terme employé en linguistique pour désigner <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Voyelle_moyenne_centrale">la voyelle moyenne centrale</a>, le [ə], très commun dans beaucoup de langues. Mais, en français, on ne le place jamais comme ça en voyelle avant un “n” bien sonore comme on le fait en hébreu dans “ofen”. Le plus souvent, c’est en épenthèse, autrement dit comme une prothèse finale adjointe qui vient nous aider à prononcer le mot suivant, par exemple : ours brun. Vous l’entendez, ce “e” écrit nulle part entre les deux mots ? C’est un schwa. On l’écrit souvent aussi, sans le prononcer toujours : autre. Pas le scwha. Autre genre. Le schwa. Il lui arrive même souvent, quand on n’est pas trop méridional (auquel cas on en fiche partout)<sup id="fnref:1" role="doc-noteref"><a href="#fn:1" class="footnote" rel="footnote">1</a></sup>, de le placer en milieu de mot : portefeuille. Contrepétrie. Remarquez que ce sont en réalité deux mots collés l’un à l’autre, de là cet embarras du schwa. Mais le plus souvent, un “e” en français, eh bien il n’est pas neutre à ce point, pas moyen à ce point. On l’accentue, il devient haut, pour plus d’<em>effet</em>. Ou bien on le baisse, pour plus de gravité : ça marche un <em>peu</em>. Il lui arrive de se glisser quand même parfois dans un mot anodin, dont la graphie pourrait nous faire croire le contraire : meurtre. On s’en sert aussi, quoique rarement (notez ici l’absence de schwa ; le “e” de rarement est complètement muet, du moins quand on habite au nord de la Loire et à l’ouest du Quiévrain), rarement, donc, mais tout de même parfois, pour différencier singulier et pluriel, figurez-vous : des œufs (voyelle basse), un œuf (voyelle moyenne : schwa). Des bœufs, un bœuf. Mais je ne comptais pas vous bassiner avec ça, navré. Ce qu’il y a, ce qui est intéressant, c’est tout de même de noter que si le mot “schwa” nous vient de l’hébreu et si en hébreu on arrive à en trouver comme ça avant un “n”, c’est évidemment parce que, d’une certaine manière, en hébreu, toutes les voyelles<sup id="fnref:2" role="doc-noteref"><a href="#fn:2" class="footnote" rel="footnote">2</a></sup> sont des choix. On choisit comment les prononcer, car la graphie n’impose rien. L’usage s’en charge évidemment, mais songez que c’est ainsi qu’on s’est retrouvé, circa dix-neuvième, avec des ashkénazes qui prononçaient l’hébreu très différemment des séfarades. Rergardez aussi comment les arabophones interchangent tout le temps les e et les a, d’un pays à l’autre. Pour eux, là aussi, c’est un choix.</p>

<p>Bref : ofen, en hébreu, c’est la façon, la manière. Pour dire “normalement”, “en gros”, “en général”, on dit “béOfen Clali” (באופן כללי), soit littéralement “de façon générale”, comme en français. Et si vous avez suivi mon guide de prononciation du précédent paragraphe et que vous parlez un peu anglais, il y a peut-être eu un écho avec un autre mot, anglais celui-ci : often. Oui, c’est exactement comme ça qu’il se prononce, mais pour une raison mystérieuse, s’il y en a une, car c’est un autre mot qui en anglais résonne réellement avec lui, par rebond : la mode. En hébreu, אופנה. “Ofna”. Et bien sûr en hébreu, une telle proximité graphique nous indique que les deux sont bien des dérivés de la même racine aleph, pé, noun. La mode, c’est aussi la manière et la façon, d’ailleurs en français aussi mais plutôt lointainement, non ? Alors qu’outre-manche, on a complètement gardé ce lien : fashion.</p>

<p>Bim. Bon sang mais c’est bien sûr. Collision. La fashion des anglais, c’est notre façon !</p>

<h5 id="notes">Notes</h5>

<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
  <ol>
    <li id="fn:1" role="doc-endnote">
      <p>Toutes mes indications phonétiques sont désespérément franco-parisiano centrées, je l’admets autant que je le déplore, mais que voulez-vous ? C’est ainsi que je parle moi. <a href="#fnref:1" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
    <li id="fn:2" role="doc-endnote">
      <p>Du moins toutes les vraies voyelles. Ne me demandez pas quel est le critère, je me contente de vous les lister, c’est facile il n’y en a que deux : a et e. Les i, les o, les ou, les y surtout, sont en réalité notés (la plupart du temps) dans l’alphabet hébreu, tout consonnantique qu’il soit, parce qu’elles sont considérés comme des quasi-consonnes. <a href="#fnref:2" class="reversefootnote" role="doc-backlink">&#8617;</a></p>
    </li>
  </ol>
</div>]]></content><author><name></name></author><category term="Basses trahisons" /><summary type="html"><![CDATA[Je ne suis pas trilingue et à vrai dire pas même bi-, mais je me soigne, lentement. En à peu près trois ans, j’ai appris l’hébreu dans mon coin. Je suis loin d’avoir un niveau satisfaisant, je suis encore un peu perdu quand je croise en pleine nature un hébreu sauvage et cadencé, mais parlez-moi un peu lentement, ktsat léat, et je devrais piger le plus gros du truc, à l’oreille. C’est encore plus efficace si j’ai le texte, malgré cette grosse difficulté supplémentaire et, me concernant, particulièrement handicapante, de l’alphabet consonnantique. Voyez-vous, j’ai l’habitude d’apprendre en lisant. C’est comme ça que j’apprends le mieux. Or, l’hébreu, comme l’arabe, exige plus ou moins qu’on connaisse déjà la langue, qu’on sache la parler et la comprendre, avant de savoir la lire. Malgré tout, j’y parviens aujourd’hui et, avec le texte sous les yeux, j’atteins un niveau satisfaisant, un niveau qui me permet de dire, oui, je parle un peu l’hébreu, du moins je le comprends un peu. Donnez-moi un dictionnaire (surtout pour ces fichus verbes) et je déchiffrerai presque à coup sûr. J’ai même renouvelé il y a peu, avec beaucoup d’appréhension, l’expérience sous-titres, déjà tentée sans vraiment de succès du côté d’avril-mai. À présent, oui, j’y arrive. Pas sur tout, pas tout le temps, mais suffisamment pour dire : je parle un peu hébreu. Et comme je parlais déjà un peu l’anglais (plus, mais toujours pas suffisamment) il se produit depuis quelques temps dans ma tête de bien jolies collisions.]]></summary></entry><entry><title type="html">Cyberpunk et faux prophètes</title><link href="https://tcheni.fr/psychologie%20des%20foules/2025/12/25/cyberpunk-et-faux-prophetes.html" rel="alternate" type="text/html" title="Cyberpunk et faux prophètes" /><published>2025-12-25T20:38:30+01:00</published><updated>2025-12-25T20:38:30+01:00</updated><id>https://tcheni.fr/psychologie%20des%20foules/2025/12/25/cyberpunk-et-faux-prophetes</id><content type="html" xml:base="https://tcheni.fr/psychologie%20des%20foules/2025/12/25/cyberpunk-et-faux-prophetes.html"><![CDATA[<p>L’erreur du Cyberpunk a été de croire que nous troquerions notre humanité et notre identité contre des capacités intellectuelles et physiques décuplées par le recours à l’informatique, alors que nous les troquons contre des capacités moindres et des fausses vidéos de chat.</p>

<p>Nous abdiquons notre créativité, comme si nous souhaitions absolument laisser à d’autres la propriété de nos moyens de production en ce domaine aussi. La propriété de nos cerveaux, de nos imaginations, de nos vies intérieures.</p>

<p>Nous abdiquons notre curiosité, trop prenante, trop lente à assouvir. Un résumé algorithmique aux sources douteuses nous suffira bien.</p>

<p>Nous abdiquons notre volonté de nous attacher au vrai, celle-ci complètement obsolète. Nous l’avons vendu pour un bon prix : une poignée de comptes sur les réseaux sociaux.</p>]]></content><author><name></name></author><category term="Psychologie des foules" /><summary type="html"><![CDATA[L’erreur du Cyberpunk a été de croire que nous troquerions notre humanité et notre identité contre des capacités intellectuelles et physiques décuplées par le recours à l’informatique, alors que nous les troquons contre des capacités moindres et des fausses vidéos de chat.]]></summary></entry><entry><title type="html">En rimes</title><link href="https://tcheni.fr/journal%20d'un%20%C3%A9crivant/2025/12/15/en-rimes.html" rel="alternate" type="text/html" title="En rimes" /><published>2025-12-15T13:34:30+01:00</published><updated>2025-12-15T13:34:30+01:00</updated><id>https://tcheni.fr/journal%20d&apos;un%20%C3%A9crivant/2025/12/15/en-rimes</id><content type="html" xml:base="https://tcheni.fr/journal%20d&apos;un%20%C3%A9crivant/2025/12/15/en-rimes.html"><![CDATA[<p>Quand j’écris, traduis, corrige même, je fais toujours un effort particulier pour éviter les rimes, externes évidemment mais, surtout, internes. Non pas que je sois naturellement poète, pas plus qu’un autre, de sorte que les rimes me viendraient comme ça en surabondance, non. Je crois qu’elles viennent à tout le monde, et qu’elles viennent trop facilement. Qu’on privilégie le son au sens, en quelque sorte, que le cerveau suit la pente de la répétition, quand il devrait la remonter, en quête de sens frais, de dissonnance. De surprises acoustiques qui sont la marque de la vérité, d’une réflexion qui refuse le réflexe afin d’aller plus loin, plus haut, plus neuf.</p>

<p>Je n’ai pas fait de recherches particulières en ce sens, mais je suis prêt à parier que cet effort, ce goût : ne pas rimer, est plutôt partagé, chez les prosateurs, car c’est avec raison qu’on aime écrire sans rime.</p>]]></content><author><name></name></author><category term="Journal d&apos;un écrivant" /><summary type="html"><![CDATA[Quand j’écris, traduis, corrige même, je fais toujours un effort particulier pour éviter les rimes, externes évidemment mais, surtout, internes. Non pas que je sois naturellement poète, pas plus qu’un autre, de sorte que les rimes me viendraient comme ça en surabondance, non. Je crois qu’elles viennent à tout le monde, et qu’elles viennent trop facilement. Qu’on privilégie le son au sens, en quelque sorte, que le cerveau suit la pente de la répétition, quand il devrait la remonter, en quête de sens frais, de dissonnance. De surprises acoustiques qui sont la marque de la vérité, d’une réflexion qui refuse le réflexe afin d’aller plus loin, plus haut, plus neuf.]]></summary></entry></feed>